Le 6 mars 2025, j'avais rédigé une note à propos de « La requalification d'un arrêt de travail [maladie] en [AT/MP] ». Toutefois, au vu des échanges avec les cabinets d'avocats des entreprises en conciliations ordinales, il apparaît que certaines notions ne sont pas encore partagées par les protagonistes :
- les médecins traitants ;
- les employeurs et leurs défenseurs.
1. La date sur le certificat de requalification en AT/MP d'un arrêt maladie antérieur
Elle peut reprendre celle de l'arrêt initial en maladie (pour ne pas embrouiller les services administratifs), sans pour autant constituer un « arrêt antidaté », pour peu que le médecin prenne la peine de noter « annule et remplace le certificat en maladie du … ».
Mais noter la date de la nouvelle consultation (pour éviter l'accusation d'antidatage), même avec la mention ci-dessus, risque d'être incompréhensible par la CPAM : le médecin arrêtant un patient jusqu'à une date de fin, la date de début étant celle déclarée par l'employeur et, a priori, celle du certificat.
2. La date de l'accident du travail ou de la première constatation médicale de la maladie professionnelle
À l'évidence, le médecin qui rédige le certificat ne pouvait être présent sur le lieu de travail pour le constater : il s'agit d'« éléments déclaratifs » par le patient. En aucun cas le médecin ne contrevient à l'article R.4127-28 (« La délivrance d'un rapport tendancieux ou d'un certificat de complaisance est interdite ») en précisant cette date.
Le médecin ne fait que proposer ; il revient à l'employeur d'éventuellement contester l'AT/MP, et à la CPAM de le valider.
Le médecin se retrouve facilement pris « en otage » dans les conflits entre le salarié et son employeur. Il doit faire attention à la rédaction des « éléments d'ordre médical justifiant l'arrêt » et autres « constatations détaillées », en veillant à une simple description des symptômes sans établir de relation avec le travail (même si elle est faite de facto lorsqu'il s'agit d'un AT/MP par l'imprimé), et en s'interdisant a fortiori les termes comme « harcèlement », qui ont un impact pénal potentiel pour l'employeur (lequel a l'obligation de protéger ses salariés).
Enfin, je rappelle que depuis le 1er septembre 2025, tout arrêt de travail papier, qu'il soit en maladie ou en AT/MP, doit être rédigé sur un formulaire sécurisé (S3116). En cas de déclaration initiale ou finale d'un AT/MP, le médecin doit en outre renseigner et déposer un formulaire dédié (S6909). L'idéal étant, bien entendu, de déclarer les arrêts via le service AMELI PRO.